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Déclaration documentaire
2006
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1. Contexte. Nous vivons à une époque marquée par des turbulences
extrêmes, qu’elles soient géopolitiques, économiques, sociales, écologiques ou
culturelles. Le travail des cinéastes documentaristes qui nous apportent le fruit de leur
réflexion sur le monde nous permet de mieux comprendre les réalités qui nous entourent et
d’élever le niveau de notre réflexion critique tout en favorisant notre ouverture
envers l’Autre. Les documentaristes contribuent à créer un espace de liberté
essentiel à la vie démocratique.
2. Prestige. Le documentaire est le genre cinématographique qui a
fait la réputation du Canada à l’étranger depuis l’avènement du cinéma direct
au début des années soixante. Les nombreux prix gagnés à travers le monde par des films
produits par l’Office national du film du Canada et par les cinéastes et
producteurs indépendants confirment la reconnaissance internationale du documentaire
canadien et contribuent à la renommée du pays.
3. Vision d’ensemble. Pour assurer sa survie et son
développement, la situation du documentaire doit être analysée dans une perspective
globale et holistique afin que tous les éléments qui concourent à son succès se
développent en harmonie.
4. Création-production. Le financement de la production est
l’élément clé d’une cinématographie documentaire de qualité. Il permet aux
cinéastes d’apporter le temps et le soin nécessaires à la qualité des œuvres.
Dans cet esprit, le documentaire a besoin d’institutions nationales fortes qui
disposent d’enveloppes adéquates et de financement à long terme : Le Fonds canadien
de télévision sans lequel il n’y aurait pas ou si peu de documentaires; Téléfilm
Canada où il faut absolument créer un programme d’Aide au long métrage documentaire
pour les salles; l’Office national du film du Canada, une institution unique au
monde qui favorise l’innovation et l’exploration de nouvelles formes; le
Conseil des arts du Canada, pour les bourses aux cinéastes. Parallèlement, l’apport
des provinces, responsables de la culture, est incontournable et crucial. La SODEC,
institution québécoise, est à cet effet, un modèle dont l’enveloppe
d’intervention doit être augmentée afin de revenir à la production d’un
nombre significatif d’œuvres documentaires.
5. Diffusion-Télévision. Ce précieux apport à la vie démocratique que
constitue le documentaire doit être accessible à l'ensemble de la population. Une
présence grandissante et valorisée du documentaire d'auteur à la télévision est non
seulement souhaitable mais prioritaire. Les chaînes de télévision publiques nationales
(SRC-CBC), de même que les télévisions éducatives (Télé-Québec, TVOntario, etc.), doivent
pouvoir compter sur des enveloppes stables et substantielles. Dans l'ensemble, le secteur
télévisuel privé doit faire une place grandissante au documentaire.
6. Distribution. Le projet de création d’un réseau de salles
numériques destiné en priorité au cinéma d’auteur est une initiative structurante
qui permettra l’accès au public de toutes les régions à la cinématographie
documentaire. L’internet — et les nouvelles plateformes — devient un
réseau de distribution de plus en plus intéressant pour le documentaire. Un projet de
Portail pour rendre accessible notre patrimoine documentaire au grand public fait
présentement l’objet d’une étude. Ces nouvelles avenues de distribution
nécessitent par ailleurs que l’on apporte une réponse adéquate à la question de la
protection des droits d’auteur et de la rétribution équitable des ayants droit.
7. Formation des cinéastes. Le nombre de programmes de formation des
documentaristes est en augmentation. Cependant la formation continue qui permet aux
cinéastes de se maintenir à jour, particulièrement dans le domaine des nouvelles
technologies de production et de diffusion, doit faire l’objet d’une approche
concertée et d’une offre diversifiée.
8. Développement des auditoires. Les festivals (RIDM, Hot Docs) et
autres événements de diffusion font connaître et aimer le documentaire à de nouveaux
publics; ils sont donc une étape essentielle du parcours des œuvres. Par ailleurs,
afin d’avoir une connaissance adéquate de la culture contemporaine, il faut
s’assurer que le milieu de l’éducation enseigne aux enfants à décoder le
langage audiovisuel et que les adolescents soient initiés à une culture cinématographique
ouverte sur le monde et attentive à leur propre univers.
Octobre 2006
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