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Rapport de la présidente

Quand on m’a offert de prendre la présidence de l’Observatoire du documentaire, j’ai hésité un peu. J’avais peur de ne pas être à la hauteur. Et dieu sait qu’il en faut pour pouvoir bien observer. Je n’ai toutefois pas hésité longtemps. Je voue une passion au documentaire depuis toujours et c’est un privilège d’observer ce qu’on aime. Depuis quelques mois, avec mes pairs, tout aussi passionnés, j’observe donc. C’est un plaisir et c’est une responsabilité. Le documentaire se porte bien mais pourrait aller mieux. Il se porte bien parce que de plus en plus de gens viennent le voir et s’intéressent à lui. Il se porte bien parce qu’on lui reconnaît de plus en plus ses lettres de noblesse. Le documentaire, c’est du cinéma. Pas un sous-produit. Du cinéma avec un grand «C» comme dans «Courir» voir ce film qui fait beaucoup d’entrées et pour lequel on fait même la file!

Pas besoin d’être bien haut cependant pour observer que le documentaire pourrait aussi aller mieux. Il pourrait aller mieux parce qu’on ne lui permet pas encore de respirer à l’aise: On l’engonce dans des formats de plus en plus serrés. On le truffe de publicités qui lui font perdre son effet. On lui consacre de petits budgets qui lui donnent des allures de parent pauvre. On lui retire ces petits budgets, sans crier gare, lui signifiant qu’il a peu d’importance. Pourtant le documentaire est le mégaphone de la société. Il crie très fort ce qui doit être entendu d’urgence pour éviter que la société ne dérape. Il exprime aussi en douceur ce qu’on n’ose plus se dire. C’est l’indispensable porte-voix de la conscience collective.

C’est pourquoi, de l’Observatoire du documentaire, douze organismes réunis veillent maintenant sur lui. Nous nous réunissons chaque mois et prenons ensemble, ponctuellement, les actions et mesures qui s’imposent. Lucette Lupien, notre dévouée directrice, prend tout en note et, en bonne vigile, nous tient journellement au courant de ce qui brille ou menace à l’horizon. Avec une préoccupation d’ouverture sur le monde, nous faisons ce qu’il faut pour maintenir le cap. La cause en vaut la peine: Le documentaire est une arme de construction massive. Il oeuvre pour la vie, pour son évolution autant que pour sa mémoire!

Manon Barbeau
Cinéaste
Présidente

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