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Rapport du président

Créé en janvier 2003, l’Observatoire tient-il ses promesses deux ans et quelques mois plus tard?

La cohésion entre les différents membres s’est maintenue et sans doute développée dans la qualité, la franchise et le sérieux des dialogues qui sont menés autour de la table de l’Observatoire. Nous avons su dégager une position commune et forte dans la défense du documentaire de qualité. Nous partageons nos visions et nos conceptions dans un climat de tolérance et d’ouverture.

Mais, ne nous reste-t-il pas à approfondir ce que nous entendons chacun par documentaire. En ce sens, je répète ce que je disais l’an dernier: cette réflexion doit être au fondement même de l’Observatoire, elle détermine en fait la force de nos actions.

Est-il sûr que nous parlons de la même chose lorsque nous parlons de documentaire? Quel est le spectre, quelle est la palette, la plate-forme commune que nous défendons?

Il me semble qu’au cours des dernières années, un certain succès du genre a entraîné une extension du sens, et même certains glissements qui ont conduit à galvauder, par exemple, l’expression «documentaire d’auteur», à abuser de la formule «documentaire-choc», à inventer des étiquettes pour mieux créer la confusion. Nous avons le devoir d’y voir plus clair, au risque sinon de ne plus savoir exactement ce que nous défendons, et où nous nous situons.

Le sens premier d’un observatoire, c’est de redéfinir sans cesse son objet, de «l’observer» en quelque sorte en priorité, dans ses mutations, dans ses affirmations, et dans ses confusions.

Ne perdons pas de vue cela, c’est ce qui constitue la marque et la raison d’être de l’Observatoire: savoir de quoi il parle, et le faire savoir.

Nous défendons une qualité, des métiers et des conditions de création qui permettent de répondre à cette exigence de qualité. Comme tous les artisans, nous sommes soucieux d’exécuter notre travail dans «les règles de l’art» et dans l’intérêt des spectateurs. L’observatoire ne doit-il pas répondre à cette exigence et se donner les moyens de la faire respecter?

C’est sous cet angle-là que je regarde le bilan de cette année tel qu’exposé dans le détail par notre directrice, dont je salue ici la compétence, le dévouement et la rigueur. On verra à cette lecture que nous ne nous sommes pas satisfaits de nous établir comme «une autorité morale neutre, une espèce d'ombudsman chargé de veiller à la bonne tenue et au bon déroulement du dialogue». Au contraire, dans bien des cas, nous avons pris position, fermement: sur le documentaire culturel, sur la crise de la distribution, sur Télé-Québec, sur la formation, sur le long-métrage, sur l’espace documentaire à la télévision…

Et, effectivement, regardé sous cet angle, l'Observatoire s’affirme comme un lieu de concertation, de vigilance, de connaissances échangées, d'informations mises en commun, de dialogue. Il doit poursuivre dans cette voie, sans concession, pour défendre les valeurs profondes de liberté de création du documentaire, ses artisans, ses modes de diffusion, sa fonction dans la société, son économie et son rôle dans la diversité culturelle.

En deux ans, l’Observatoire a fait sa place, son Conseil d’administration a su maintenir un niveau d’exigence éthique et une capacité de débat démocratique qui lui assurent, je crois, le respect du milieu et de nos interlocuteurs. J’ajoute, qu’au-delà de nos frontières, cité en exemple, il suscite même l’admiration et l’envie de nos collègues.

Il nous reste maintenant à lire le rapport d'activité très dense, établi par notre Directrice générale, pour mesurer le chemin parcouru, constater les acquis, discuter des réussites et des erreurs, en somme de faire le bilan critique qui s'impose pour tracer fermement nos perspectives.

Jean-Daniel Lafond
Cinéaste
Président de l’Observatoire du documentaire
Mai 2005

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