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Rapport d’activités > Rapport d’activités 2003-2004 > Rapport du présidentL’Observatoire du Documentaire a tenu les promesses que nous mettions de l’avant en le créant, en janvier 2003, après quelques années de gestation, quelques métamorphoses et de nombreuses preuves à l’appui. Longue gestation en effet, car l’idée de l’Observatoire vient de loin. Lors du second Forum, tenu dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), qui vit l’exposé du rapport de recherche dirigé par Michel Houle sur la situation du documentaire au Canada, je mettais de l’avant, en conclusion, lors de la séance plénière, la nécessité de maintenir le contact entre les nombreux participants (une trentaine d’organismes) autour de la défense du documentaire. J’évoquais alors, presque en forme de boutade, la possibilité de mettre en place un organisme-vigile, une sorte d’observatoire du documentaire. Certains virent là un propos de fin de banquet, dans le feu des réjouissances, une promesse en l’air. Les autres - et quelques-uns et quelques-unes sont assis aujourd’hui autour de la table du conseil d’administration - en firent une priorité. D’ailleurs la recherche suivante, menée par Kirwan Cox, se fit sous l’égide des RIDM et de l’Observatoire du documentaire, une sorte de département des Rencontres, sans aucun statut juridique. Mais l’idée continuait à faire son chemin… Les recherches et les Forums des RIDM avaient prouvé la vigueur de la réflexion, le désir de cohésion entre les différents partenaires et la nécessité du dialogue avec les institutions et les gouvernements. Nous avions clairement en commun l’intérêt du documentaire, il nous restait à approfondir ce que nous entendions chacun par documentaire, pour définir un vrai terrain d’action commun. Ainsi quand nous parlerons de documentaire d’auteur, de création, de point de vue, nous serons en train de défendre la même chose. De là à créer un Observatoire, il y avait encore du chemin à faire. Il fallait passer outre les préjugés et les méfiances qui sont attachés au mot Observatoire. On le réduit parfois à l’idée d’une autorité morale neutre, une espèce d’ombudsman chargé de veiller à la bonne tenue et au bon déroulement du dialogue. Je crois qu’il faut revenir au sens initial: l’observatoire est le lieu de convergence des points de vue, de leur analyse, de leur confrontation, et de l’enrichissement conséquent de la pensée commune. Nous sommes bien loin du dogme et de la pensée unique. Plus près de Galilée que du pape. Aujourd’hui, nous savons que l’Observatoire est un espace de concertation, de vigilance, de connaissances échangées, d’informations mises en commun, de dialogue. L’Observatoire construit ses instruments d’analyse, ses critères, ses définitions - son objectivité, en somme - en confrontant les pratiques, les expériences, les usages, les intérêts et la réalité de chacun de ses membres. Cela est assez proche en fait de la démarche documentaire, qu’on peut résumer dans les mots du philosophe Gaston Bachelard: «Le réel n’est pas donné, il est construit.» Voilà, en gros, les fondements de l’Observatoire et sa raison d’être: défendre les valeurs profondes de liberté de création du documentaire, ses artisans, ses modes de diffusion, sa place dans la société, son économie, sa diversité. L’entreprise est dangereuse, elle est semée d’embûches. Car nous construisons nos critères, nos connaissances et nos outils à mesure que nous avançons dans nos différents champs d’intervention. En 15 mois de fonctionnement, on peut constater à la lecture du bilan établi par notre directrice Lucette Lupien - (remarquable par sa détermination, son dynamisme exceptionnel et sa connaissance du milieu) - , donc, on peut constater que nous avons fait flèche de tout bois, en courant les risques qui sont liés aux interventions dans le feu de l’action. De cela, nous pouvons tirer la conséquence majeure, que l’Observatoire fonde sa crédibilité sur la cohésion de ses membres, la justesse de ses actions, sa capacité d’argumenter au mieux de ses connaissances et sur son sens éthique toujours questionné. Pour cette raison, l’Observatoire a prouvé son utilité et sa nécessité dans le paysage audiovisuel québécois et canadien, il a affirmé sa fonction politique et son rôle dans la vie démocratique de notre société. Les 9 associations qui le composent actuellement ont permis, par leur solidarité et leurs exigences mutuelles, d’affermir son image et de développer une assurance dans le débat public ou le dialogue avec nos interlocuteurs institutionnels. Les membres qui représentent ces associations ont fait aussi de nos (quinze) réunions de Conseil d’administration un lieu tonique, chaleureux et enthousiaste de réflexions, d’échanges et de concertations. Je les remercie sincèrement. C’est le véritable carburant de nos interventions. Pour conclure, je dirai que l’Observatoire est et sera ce que ses membres seront et en feront. Nous avons pris notre place au Québec, tissé des liens qui définissent un rôle original au Canada, nous développons également des relations internationales durables, tout cela, je crois, à l’image du destin du documentaire au Québec et au Canada. Le rapport d’activité très dense, établi par notre Directrice Générale, permet de mesurer les progrès accomplis, les acquis, les manques, les réussites, les erreurs, en somme de faire le bilan critique qui s’impose quand on veut aller plus avant. Nous ne faisons que commencer. J’écrivais un jour: le documentaire est par essence une zone écologique de la pensée, de la culture, de la liberté. Il est le baromètre d’une société démocratique, il est aussi fragile et aussi nécessaire que l’oxygène naissant. Nous avons beaucoup de pain sur la planche. Longue vie à l’Observatoire du documentaire! Jean-Daniel Lafond |
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