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Extraits marquants
- Le cinéaste documentariste se fait tour à tour cueilleur, conservateur, interprète,
passeur et conteur - mais demeure avant tout un créateur. Comment donc former un
créateur? Comment apprendre à regarder, à saisir des moments de la vie en respectant le
rythme de la vie elle-même? Comment préparer quelqu’un à avoir quelque chose à
dire?
- L’outil de base du documentariste est la formation intellectuelle: «On doit
lui donner les outils intellectuels pour qu’il puisse forger une interprétation
crédible, solide, et la transmettre comme une vérité.» Une formation en sciences
humaines comme la sociologie et les sciences politiques sont autant d’outils
nécessaires à la prise de parole. Le deuxième est la maîtrise du langage
cinématographique. «Le cinéaste du réel va sans cesse à la rencontre de l’Autre.
Il doit disposer des instruments pour entrer en communication et tirer de cet Autre ce
qu’il peut enseigner au monde.» (Michel Venne)
- L’idée de professionnalisation semble non pertinente à plusieurs, il
n’y a pas adéquation automatique entre le désir de faire des films et la
possibilité de gagner sa vie, loin de là.
- Pour plusieurs intervenants, la formation débute avec le repérage des désirs, de la
passion, de la flamme, du feu sacré et l’entretien de cette passion. On doit
enseigner l’écoute, on reconnaît l’importance de l’écriture comme
moment de réflexion.
- Plusieurs parlent de transmission des connaissances en opposition à
l‘enseignement, mais l’enseignement est aussi une forme de transmission. On
ne peut pas enseigner le documentaire comme on enseigne les mathématiques - c’est
une forme d’art et il reviendrait aux écoles d’art d’en assurer la
formation.
- L’acquisition de l’expérience sur le terrain - apprendre en faisant, en
écoutant, en observant - est ressortie comme un des éléments clé de la formation du
documentariste. C’est par le partage de l’expérience qu’on pourrait
transmettre les rudiments du métier, notamment par l’usage du «compagnonnage» ou
du «mentorat». D’où la question de comment organiser ce mentorat.
- Parmi les suggestions de forme de mentorat, mentionnons la création d’une
Académie du documentaire (sur le modèle des académies de peinture), la création de
mutuelles, un centre de ressources pour cinéastes, l’organisation
d’ateliers sur mesure, de séminaires, de rencontres de découvertes (cinéastes et
œuvres); la création d’un poste de «cinéaste en formation» dans le budget
de production d’un documentaire. En ce qui concerne la production, la création de
programmes de formation de producteurs en entreprise est de plus en plus urgente.
- Il y a une forte résistance à l’institutionnalisation de la formation.
- Le cinéma documentaire se trouve quelque part entre l’architecture et la
poésie. Le documentaire est une forme d’expression poétique, en ligne avec la
tradition orale des conteurs d’histoires. Il faut résister à la tyrannie de ceux
qui obligent les cinéastes à écrire avant de tourner un documentaire.
- La grille de classification des compétences a suscité beaucoup de scepticisme -
surtout parce que la passion en était absente. Une question demeure cependant: on a
beau considérer que le désir est le point de départ de toute création documentaire, il
faut apprendre à faire des films. De là le besoin d’une certaine forme
d’institutionnalisation.
- En ce qui concerne le renversement de la pyramide d’origine
réalisateurs-producteurs-radiodiffuseurs évoqué par certains intervenants, on désire la
ramener à son origine. Il a d’ailleurs été question en ce sens de
l’éducation à faire auprès des directeurs de la programmation dans les chaînes de
télévision.
- Il faut penser à la création d’une chaîne internationale du documentaire à la
manière de «CNN», chaîne qui pourrait être diffusée dans internet et créer de nouveaux
modes de distribution pour le documentaire, comme par exemple un réseau de salles
numériques, à l’instar de CinemaNetEurope.
- Le mot de la fin revient à Jean-Daniel Lafond, Président de l’Observatoire du
documentaire, qui s’inquiète de la situation des documentaristes de création dont
le sort est entre les mains d’un système de financement qui ne leur est pas
toujours favorable.
- En ce qui concerne le thème de la journée, il considère que la table est mise pour
aller plus loin et préparer des propositions pour les institutions; il faudra au
préalable pousser la réflexion un peu plus loin.
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